mer

Comme un ballon dont on lache la ficelle, mon âme vagabonde dans les rêves et l'irréel. J'ai beau ancrer mes deux pieds dans le sol, elle m'échappe, prend le moindre prétexte pour s'envoler encore plus haut, encore plus loin et me narguer encore.

J'ai beau tout faire pour être concrête, pour coller à cette réalité que je dois assumer, la voilà qui gambade à la moindre lueur, au moindre rayon de soleil, sournoise comme elle est même d'un nuage elle fait un voilier, d'un regard bleu pâle un océan où nager, d'une mèche brune, un toboggan pour s'amuser.

Et je dois sans cesse recadrer, la faire redescendre, la rappeler à l'ordre, parce que la vie n'est pas aussi simple, parce que le tournant que je prends ne peut pas se bâtir sur des rêves, parce que je n'aurai que mes mains pour me maintenir sur cette route.

Je remercie ceux qui m'aident dans cette lourde tâche et me remettent les idées en place, ceux qui restent cartésiens malgré mes envies de rêves, ceux qui me donnent un peu des deux et tissent des toiles pour aider mon âme à retomber sans trop de mal. Certains restent à distance et croient la tenir ainsi alors qu'au contraire ils entretiennent le rêve, d'autres lui donnent des ailes pour s'envoler plus haut et me renvoient un sourire en coin en guise d'excuse.

Moi je navigue entre les deux et je fixe vigoureusement un point dans l'horizon, là où j'irai demain, où? je ne sais pas, je ne vois pas si loin, comment? moitié en marchant, moitié en survolant, maintenant un fragile équilibre entre vérité et mensonge, entre rêve et réalité, entre possible et impossible, entre concret et irréel. Entre moi et moi.