J'avance et je le sais, je deviens, je me réconcilie, oserai-je dire je suis?

55 ans pour être Fabienne, c'est à dire moi.

55 ans pour rassembler les morceaux dans un équilibre encore très Fragile, que Fanou maintient en l'air pendant que Je tente de le poser sans l'enfoncer.

J'y arrive doucement mais c'est difficile, je sais dire non mais j'ai encore tellement de peurs et puis toutes ces choses que j'ai acceptées et que je ne supporte plus, je fais comment pour vivre avec?

Et ce temps qui cavale de plus en plus vite comme le lapin d'Alice et qui me montre tout ce temps perdu, gaché.

Me viennent en pensées les mots d'Erik Orsenna:

"Nous portons en nous des larmes trop lourdes. Celles-là, nous ne pourrons jamais les pleurer."

Parce que non, je ne pleure pas, ces larmes qui sont là restent au fond de moi pour me laisser planter mes pieds , chercher à replanter mes racines, à les remettre en terre et ainsi pouvoir me grandir pour que ma tête vise enfin le ciel dans lequel je suis si bien.

 

Me vient dans la tête une douce chanson, caline et coquine qui n'a pas un vrai rapport mais qui pourrait s'adapter à cette situation

http://www.deezer.com/fr/track/15929487

"...Ce fichu brun palot

ces lunettes intello

ca t'va comme une diva

Ce pagne de java

Jaune et violet ça t'va

Comme un poisson dans l'eau

Et même quand tu te drapes

En noir de pied en cape

Ca t'va au quart de poil

Mais quand tu te déssapes

Mais quand tu te dévoiles

J'en paume les pédales

Car lorsque tu retires tout

Quand tu mets moins que rien

Tu es coquett' craquant' comm' tout

Le nu te va si bien..."

Merci G.

 

Une autre phrase d'Erik Orsenna me vient à l'évocation de la chanson:

"...je rêve souvent que je suis une chanson. Quelques lignes, une musique. Une nuit la bouche collée contre l'oreille de mon mari, je lui demanderai de me fredonner, pas quelque chose, pas un refrain, de me fredonner moi. Ce sera sa plus belle manière de m'aimer"