Lilian a écrit cette nuit, j'étais déjà au bord, sur le fil, et je n'ai pas voulu lire à 2h du matin ce qui m'aurait submergé d'émotion, comment je le savais? Je ne sais pas, sans doute parce que Lilian et moi nous sommes de la même planète et perdus sur cette terre à tenter de ressembler aux humains, alors j'ai lu ce matin et assuremment il dit à ma place ce que je retiens si fort, les mots me manquent en ce moment, il est difficile de dire, alors je me tais parce que parfois ça fait peur ce qui se passe dedans, et puis tous ces espoirs, ces envies, cette force brutale qui me pousse à encore et toujours vouloir, encore et toujours aimer, encore et toujours vivre, le combat intérieur est difficile, explosif parfois, et puis tenter d'être ce n'est pas être, et pourtant il faut bien tenter de vivre malgré le vent cher à Verlaine qui se lève et ferme les pages du livre de notre vie.

 

Ce que l’on garde de ce que l’on perd

by Lilian Lloyd

« … Je t’ai entendu parler. Je pense la même chose. Je sais que rien n’est impossible, même s’il faut être fou pour le croire. Il doit bien y avoir un endroit, comme une île imprudente pour les gens comme nous. On va la trouver et si on s’y abandonne qu’une fois, je sais que les lendemains n’auront plus les mêmes couleurs, les douleurs, plus les mêmes souffrances. Et si tu te barres après, si je t’oublie, ça aurait existé. Exister. C'est ce qu’il y a de plus beau. Exister. En dehors de soi, on se sera rejoints. Je te le dis, même si tu te barres, même si je ne vois plus jamais ce regard, ça aura existé… »

Calme apparent

by Lilian Lloyd

   

" Je ne veux plus faire semblant. Plus faire semblant comme tous ceux qui font semblant de jouir, d’avoir des enfants, qui jouent les gros bras alors qu’ils sont les plus faibles. Je veux plus faire semblant d’aimer mon prochain. Je m’en fous de mon prochain. Je veux plus faire semblant de supporter la différence, je veux plus qu’on me force à l’accepter, qu’on me force à aimer l’inconnu. Même s’il est de bon ton d’aimer la Terre entière, je l’aime pas la Terre entière. Et de toute façon, elle ne m’aime pas. Au fond, les plus forts, ce sont les faux-semblants. Eux sont dans le vrai. Eux ont tout compris. Moi, moi, je suis juste une pute, un putain d’être devenu inhumain à force d’avoir écouté les discours.
Je dirai plus « je t’aime ». Je dirai plus les choses que je connais pas. Je les ferai avant de l’ouvrir. Et au fond, pourquoi parler, hein ? Je vais laisser parler le silence parce que le silence, c'est la chose la moins merdique qui nous reste.
Parce que j’ai la guerre à l’intérieur. Ça fait tant d’années et pas moyen de trouver un cessez-le-feu. Je suis le conflit Israëlo-Palestinien à moi tout seul. Je suis le jet de pierre sur les tanks. Je suis les tanks qui écrasent. Je suis une bombe qui explose. Je suis des roquettes qui répondent. Je suis un champ de guerre sans processus de paix en action… Il n’y aura jamais la paix dans mon corps. La paix, c'est comme l’amour, elle nous a abandonnés. Mais c'est fini ces conneries, ça s’arrête ce soir. "

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