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C'est vrai que c'est tentant, une grande vague d'indignation, à l'heure de l'hystérie médiatique galopante, du grand déballage de n'importe quoi, de la surenchère des scénarios immondes, ce tsunami émotionnel débordant nos petites digues intellectuelles, cette dérive folle qui fait, malgré les efforts louables de certains journalistes, que l'expression "presse à scandales" devient un pléonasme. Tentant de se joindre à nos jeunes camarades du Maghreb, du proche-orient, d'Espagne ou d'Italie, et de camper avec eux résolument sur nos dernières convictions.

On ira peut-être.

En attendant, il y a, au-delà des grandes indignations, les petits résistances, éparses mais opiniâtres, associations citoyennes, tenants de l'économie sociale et solidaire, universités libres, groupes d'échanges et de réflexion, réseaux qui s'affairent pas à pas à reconsidérer les critères, réinventer les équations, les mains plongées résolument dans le réel pour en faire évoluer avec détermination les termes, ce qu'Onfray appelle le Principe de Gulliver et que Foucault avait déjà évoqué en son temps, ces stratégies fantassines qui nous viennent de la fin du XIXème, voire même d'en deça, et qui nous permettent d'être acteurs, moteurs, ensembles, et de ne pas subir.

Et puis, il y a ceux qui, tout bêtement, s'investissent encore plus dans leur travail qu'ils estiment utile et auquel ils croient. Ce que nous allons faire, pour notre part et ne vous en déplaise puisque avec l'arrivée des festivités d'été, c'est à nous de jouer. Que c'est ce qui nous fait vivre et rêver.

J'ai appris un mot formidable avec les Articulteurs de Redon: "rêvalisable". Tout un programme.

Pierre

http://www.articulteurs.org/